Historique

L’organisation et le regroupement des agriculteurs africains est l’aboutissement d’un long processus. Aussi loin que l’on peut remonter dans l’histoire récente des mouvements paysans, il est une étape importante que celle des années 80 ; Au cours de celles-ci, les pays africains engagés dans les politiques de désengagement liées aux programmes d’ajustement structurel se sont ouverts à la vie associative en instaurant des lois et des cadres réglementaires qui ont permis aux communautés de s’organiser pour se prendre en main.

L’émergence de ces organisations paysannes nationales a permis aux producteurs agricoles de prendre désormais en charge leurs préoccupations. Dans le même temps, il a aussi permis de prendre langue avec les décideurs pour ne plus s’occuper uniquement de questions de production agricole là où d’autres se chargeaient jusqu’alors de réfléchir et de décider pour eux. Désormais les paysans sont impliqués, à travers des cadres de concertation nationaux, dans tous les débats relatifs aux questions stratégiques et politiques et donnent leur point de vue sur tout ce qui touche à la chose agricole.

En réponse au processus de mondialisation et à la menace qui pesait sérieusement sur les productions agricoles du continent du fait des Accords de Partenariat Economique, ces organisations paysannes africaines mues par un instinct de survie ont senti la nécessité de se regrouper au niveau sous régional pour mieux se positionner. L’heure est dès lors à la mise en place des véritables cadres régionaux pour relever les défis de l’intégration régionale et de la libéralisation du commerce international. Ainsi dans les cinq grandes régions économiques de l’Afrique voient le jour des organisations régionales résolument engagées dans la bataille de la sauvegarde de l’agriculture familiale et celle de la défense des intérêts de millions de petits producteurs regroupés au sein des plateformes nationales de plus de 30 pays.

Ainsi, ces réseaux sous régionaux d’organisations paysannes et de producteurs agricoles du Maghreb (UMAGRI), de l’Afrique australe (SACAU), de l’Afrique centrale (PROPAC), de l’Afrique de l’est (EAFF) et de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), travaillent ensemble depuis 2003, sur des questions d’intérêt continental ayant un impact significatif sur l’agriculture africaine. C’est dans ce contexte qu’il convient de situer le regroupement des cinq réseaux régionaux qui se sont réunis à Addis-Abeba en mai 2008, pour discuter sur les conditions de la création d’une plateforme qui unirait leurs efforts et harmoniserait leurs préoccupations. Ces concertations ont débouchées sur un consensus matérialisé par la déclaration d’Addis Abeba avec la fondation de la Panafrican Farmers’ Organization (PAFO).

C’est sous le parrainage de l’Union Africaine que s’est tenue à Lilongwe au Malawi du 27 au 29 octobre 2010 l’Assemblée Générale Constitutive de la PAFO. Cette rencontre était placée sous le haut patronage du Président de la République du Malawi, Son Excellence Ngwazi Professeur Bingu Wa Mutharika et Président en exercice de l’Union Africaine. Ce qui témoigne de l’attention qui est désormais accordée au mouvement paysan africain et à l’agriculture familiale.

Cette agriculture qui reste et sera pour longtemps, la base de l’approvisionnement moderne en aliments en Afrique. Cette agriculture qui a juste besoin d’être soutenue par des recherches appropriées, des investissements favorables et une protection adéquate, pour concurrencer voire dépasser la production industrielle et qui restera le seul gage d’une souveraineté alimentaire des Communautés africaines, des pays et des sous-régions d’Afrique.

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